jeudi 18 mars 2010

Stolen Babies, le meilleur groupe du monde



Dès mon premier contact avec Stolen Babies, j'ai été conquis. Depuis toujours, je guettais l'émergence d'un tel groupe ! S'il fallait leur apposer une étiquette, celle d' « avant-garde metal » dont il se voient généralement affublés peut effectivement leur convenir, même si à l'écoute on trouvera peu d'éléments typiques du metal. C'est bien simple, Stolen Babies joue une musique que vous n'avez jamais entendue auparavant – un exploit pour un disque du XXIème siècle !

On pourra remarquer certaines analogies avec Dresden dolls, Mr Bungle et consorts, mais le véritable point commun de ces groupes... c'est qu'ils proposent une musique qui change !

La voix magnifique de la jolie Dominique Persi, chanteuse extrêmement talentueuse capable de passer avec une maîtrise assurée du registre le plus calme au plus agressif, s'élève au-dessus d'instruments peu usités, de l'accordéon à l'orgue de barbarie en passant par le glockenspiel... . Mais il ne suffit pas de rassembler des instruments originaux pour faire de la bonne musique. Les titres sont variés et très originaux, tout en présentant un fil directeur fort qui donne sa cohérence à l'album. Ces compositions admirables sont de celles qui marquent durablement l'histoire de la musique ; associées à des arrangements riches et ingénieux, elles créent une atmosphère envoûtante de « freak show », de « fête foraine qui se passe mal », une ambiance paradoxale, aussi noire que fun. Admirable !


Un seul album studio, c'est trop peu ! Espérons qu'un nouveau chef-d'oeuvre arrivera bientôt – actuellement, Gil Sharone, le batteur, qui se trouve être aussi celui des fameux « Dillinger escape plan », se consacre exclusivement à Stolen Babies, ce qui est bon signe !



Le clip de "Push Button"

Stolen Babies sur Myspace


vendredi 5 février 2010

Nicolas Sénégas

Nicolas Sénégas est un jeune photographe français particulièrement doué. Son œuvre nous propose une autre vision du corps, déformé, refabriqué... on retrouve la thématique de la biomécanique, oui, mais pas uniquement.

Un univers sombre, perturbant... et sublime !

Vous pouvez contempler certaines de ses oeuvres sur son site (cliquez sur l'image pour y accéder) :



De plus, une exposition se tient actuellement (et jusqu'au 24 Juillet 2010) à l'espace multimedia « Le Cube » à Issy-les-Moulineaux ; plus de renseignements ici.

mercredi 27 janvier 2010

L'animal le plus étonnant du monde

J'ai entendu parler du tardigrade il y a 5 ans, lors d'une conférence ; ce que j'ai appris m'a stupéfait. Ce petit animal n'est pas très connu hors de la communauté scientifique, pourtant il s'agit certainement du plus étonnant organisme jamais observé.

La bête est de proportions modestes, mesurant de 0,1 à 1,5 mm selon les espèces (plusieurs centaines). Vu de près, sa face ressemble à un nounours, il est d'ailleurs aussi appelé « ours d'eau ».

Le tardigrade a une faculté étonnante : il peut entrer en état de cryptobiose. Il se vide alors de la quasi totalité de son eau et vit au ralenti, à tel point qu'il devient alors impossible, dans l'état actuel de notre technologie, de détecter chez lui le moindre signe d'activité métabolique (!). Puis, lorsque les conditions lui paraissent plus favorables, l'animal sort de cet état et « revit », en quelques heures tout au plus.

Combien de temps au maximum peut-il survivre en état de cryptobiose ? Mystère ! Des tardigrades ont été retrouvé dans une calotte glaciaire âgée de plus de 2000 ans... et ils sont revenus à la vie !

Mais il y a encore plus étonnant. Lorsqu'il est en cryptobiose, c'est bien simple, le tardigrade bat tous les records de résistance animale. Il peut survivre :

- A une forte dose de radiations (+ de 1000 fois la résistance humaine)

- Dans le vide (!!)
- Dans l'alcool à 100°, le sulfure d'hydrogène, l'anhydride carbonique...
- A une pression représentant 6000 fois la pression atmosphérique ou 6 fois la pression exercée au fond de l'océan
- A des températures extrêmes : de -272° (le zero absolu, qu'on ne peut obtenir en pratique, se situe à -273,15°) à + 150° - il survit 30 minutes à +360°
- Aux rayonnements UV : Le tardigrade est insensible aux rayons UV-B ; certains specimens exposés à une forte dose d'UV-A ont survécu et ont même pu se reproduire, alors même que ces rayons endommagent l'ADN !

Aucune autre espèce animale ne présente de telles capacités de résistance combinées.
Il existe bien des « animaux de l'extrême » qu'on trouve exclusivement dans certains endroits peu accueillants du globe, mais leur résistance est due à une évolution ciblée - ils restent limités à un environnement précis pour lequel ils se sont adaptés et ont du mal à survivre au moindre changement.
Mais le tardigrade, lui, se trouve partout : du Groenland au Sahara, des forêts aux fonds marins (on a découvert des tardigrades à plus de 4000m de profondeur), en passant par les sommets de l'Himalaya.

Le tardigrade est donc un cas unique. D'ailleurs les tardigrades font partie de l'embranchement des... tardigrades - les biologistes ne savent pas comment les classer !

Mais surtout, lorsque l'on considère toutes les prouesses de cette créature, on peut se poser la question : POURQUOI ?
En effet, les espèces ont évolué pour s'adapter à leur environnement. Alors pourquoi la nature a-t-elle doté un animal de capacités de résistance à des conditions de vie qui n'existent pas sur Terre ?

Une des réponses possibles à cette question fait rêver... et les scientifiques l'envisagent très sérieusement puisqu'aucune explication ne semble évidente. Oui, étant donné ses facultés inouïes, il est possible que le tardigrade soit un organisme extra-terrestre, qui se soit adapté à des conditions de vie « ailleurs » avant d'arriver sur Terre. D'autant plus que les spécialistes admettent qu' un tardigrade pourrait survivre à un « voyage en météorite », atterrissage compris.
A ma connaissance, c'est le seul animal pour lequel cette origine est sérieusement envisagée.

Pourtant, les scientifiques travaillant sur ce cas exceptionnel se comptent sur les doigts d'une main, et ce à l'échelle mondiale. Et ça aussi, c'est inexplicable !


mercredi 20 janvier 2010

SONNET A LA NUIT - M. Rollinat


Mère des cauchemars amoureux et funèbres

Madone des voleurs, complice des tripots,

Ô nuit, qui fais gémir les hiboux, tes suppôts,

Dans le recueillement de tes froides ténèbres


Que tu couvres de poix opaque ou que tu zèbres

Les objets las du jour et friands de repos

Je t'aime, car tu rends mon esprit plus dispos,

Et tu calmes mon coeur, mon sang et mes vertèbres.


Mais, hélas ! dans ta brume où chancellent mes pas,

Mon regard anxieux devine et ne voit pas ;

Et j'écarquille en vain mes prunelles avides !


Oh ! que n'ai-je les yeux du chacal ou du lynx

Pour scruter longuement les grands spectres livides

Que j'entends palpiter sous ta robe de sphinx !


Rollinat - Les Spectres

mardi 19 janvier 2010

L'oeuvre du jour


Le martyre de Sainte Cécile - 1600

Cette superbe sculpture est l'œuvre de Stefano Maderno. On peut la contempler dans la basilique de Sainte-Cécile-du-Trastevere, à Rome.

Pour les amateurs d'hagiographie :
Sainte Cécile, patronne des musiciens, a vécu au IIème siècle est morte pour avoir refusé de renier sa religion. Le bourreau tenta par trois fois de lui trancher la tête, en vain ; elle agonisa durant trois jours avant de s'éteindre.

En 1599, Moderno était présent lors de la restauration de l'église Sainte-Cécile ; le cercueil de la sainte fut ouvert, révélant un corps admirablement bien conservé. Moderno a reproduit la dépouille dans la position où elle fut découverte.

mercredi 13 janvier 2010

1000000000

Un milliard, ça fait beaucoup. Tellement que c'est difficile à concevoir.
A votre avis, combien de temps faut-il pour compter jusqu'à 1 milliard ?

Si on compte 1 seconde par nombre, on arrive à une trentaine d'années... sans dormir (puisque le calcul considère que le malheureux cobaye de cette expérience compte 24 heures sur 24).
C'est déjà conséquent.
Mais ce calcul n'est pas exact, car il faut bien plus d'un seconde pour prononcer des nombres comme 449784294 (vous aussi, essayez chez vous !).
Dans ce cas, on estime qu'il faut environ 80 ans pour compter jusqu'à 1 milliard.
Si on rajoute les heures de sommeil, on réalise qu'une vie humaine ne suffit pas pour compter jusqu'à 1 milliard.

Oui, vraiment, un milliard, ça fait beaucoup.

vendredi 8 janvier 2010

Qu'est-ce qu'une planète ?

Jusqu'à récemment, la classification des planètes du système solaire était un fait scientifique apparemment indéboulonnable :

Mercure, Venus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton.
1 Soleil, 9 planètes, tout paraissait simple.

Or, au début du XIXème siècle, on découvrit Ceres : cet objet céleste fut d'abord considéré comme " la " dixième planète, entre Mars et Jupiter.
Mais on observa plus tard qu'il y avait autour de Ceres d'autres corps similaires plus petits qu'on nomma... astéroïdes. Ainsi fut mise à jour la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter.
Par la suite, les astéroïdes furent numérotés au fur et à mesure ; plus de 100000 ont été recensés à ce jour. Ceres ayant été observé la première – tout simplement parce que c'est l'objet le plus gros de la ceinture d'astéroïdes - elle porte fièrement le numéro 1 (nombre qui lui est décidément lié puisque la découverte de Ceres date du 1er Janvier 1801... 1/1/1 !).

Les planètes du système solaire restaient donc bien au nombre de 9. Tout allait bien... jusqu'à la découverte de 2003 UB313. Derrière cette froide désignation se cache un objet céleste qui allait bouleverser l'histoire de l'astronomie.
En effet, dès sa découverte, cet objet fut à son tour annoncé comme la dixième planète du système solaire. Il faut dire que 2003 UB313, surnommée " Xena " par ses découvreurs, avait un argument de poids : sa taille et sa masse sont supérieures à celles de ... Pluton !
Panique à l'Union Astronomique Internationale, qui se réunit alors pour décider de l'accession de " Xena " au rang de planète. Mais les astronomes présents s'orientèrent vers une question plus fondamentale : " Qu'est-ce qu'une planète ? ".
A l'issue de huit jours de débats houleux, les scientifiques établirent 3 catégories pour les corps célestes : " planètes ", " planètes naines " et " petits corps ". Planètes et planètes naines ont en commun un équilibre hydrostatique (qui leur donne une forme quasi sphérique) et une orbite autour du soleil (ce ne sont pas les satellites d'autres planètes), la différence étant que les planètes naines n'ont pas de masse suffisante pour « faire place nette dans leur voisinage orbital ». Or ce dernier cas s'applique à Pluton...
Pluton fut donc rétrogradée au rang de planète naine.
2003 UB313 fut également classée dans cette catégorie. Suite à la controverse et aux bouleversements que sa découverte avait engendrés, elle fut définitivement nommée Éris, en référence à la déesse de la discorde.
La " bonne affaire " fut pour Ceres, qui de simple astéroïde passa au rang de planète naine !

Depuis ce jour du 24 Août 2006, il n'y a donc plus que 8 planètes dans le système solaire. La volonté des scientifiques semble avoir été de limiter le terme de " planète " afin qu'il ne soit pas attribué systématiquement aux objets massifs que l'on risque de découvrir à l'avenir.
Le problème a été déplacé sur la désignation de " planète naine ". Car si 5 planètes naines sont actuellement reconnues (Eris, Ceres, Pluton, Haumea et Makemake), les objets célestes pouvant prétendre à ce titre sont nombreux, ils pourraient même être plus d'une quarantaine.
Prenons par exemple Charon. Charon a été d'abord considéré comme le satellite de Pluton, mais sa masse est trop élevée et il ne tourne pas autour de Pluton. Pluton et Charon semblent donc constituer un système double qui justifierait la désignation de planète naine pour Charon. Mais dès lors, il faudrait également attribuer ce titre à Orcus, autre objet céleste, qui est pratiquement de la taille de Pluton !
Lorsqu'on sait qu'Eris n'a été découverte qu'en 2003, on se dit que l'histoire est loin d'être terminée...